10 mars 1906. La journée commençait bien.
Tout à coup, une forte détonation.
Spectacle écrit à partir du témoignage d'un des treize réchappés de la catastrophe minière de Courrières. Le texte, fidèle au récit de César Danglos est puissant, dense et interprété avec brio. Le théâtre prend ici toute sa dimension et sa force : faire vibrer, faire ressentir, des sensations, des émotions. Spectacle aisément accessible doté d'un cynisme jubilatoire, il se présente en travail de mémoire abordé comme une thérapie de choc, et se pose en « J'accuse » des temps modernes. On sort de cette tragédie contemporaine comme un escapé, avec une force de vie, avec une envie d'humanité. Saverio Maligno parvient, face à l'horreur de la catastrophe, à un savoureux mélange d'humour et d'émotions.
"Un Survivant Raconte",...
César Danglos, réchappé de la catastrophe de Courrières, nous conte son calvaire dans ce témoignage : ses souffrances, ses espoirs ainsi que ses craintes durant 20 jours, vingt jours ! Dans le fond, dans le noir, dans les boyaux de la terre. Digéré ? Avalé ? Non ! Ils - lui ainsi que 12 compagnons d’infortune s’unissent et essaient, cherchent des solutions pour sortir de cet enfer, de cette boucherie. Un air plus nauséabond d’un jour sur l’autre, impossible à renouveler… Une nourriture quasi inexistante, idem pour la boisson. L’espoir, les doutes, les impasses. Encore l’espoir…La description du réel nous laisse cloué au siège, on sent comment c’est dans la mine, on vit l’épreuve, on s’approche de l’horreur absolue de la catastrophe, de l’asservissement, de l’abandon.
L’atmosphère sombre et oppressante est renforcée par une création musicale subtile qui nous transporte inconsciemment, qui joue avec nos pulsations cardiaques.